CES FATWAS DIABOLIQUEMENT ANTI-ISLAMIQUES

L’un des plus éminents savants du monde arabo-musulman, Mohammed Saïd R. al Bouti, a été tué, le 21 mars, en fin d’après-midi, alors qu’il donnait un cours en sciences islamiques, dans la mosquée al-Imane à Damas. Un attentat kamikaze est un acte immonde non-islamique, un poison pour l’image de l’islam. Depuis son assassinat ainsi que celui de son petit fils, le monde musulman est en proie à des doutes sur les bienfaits de cette révolution. Notamment après les prises de position contre Al Bouti, de certains des plus influents leaders théologiques musulmans. Youssef al Qardawi, le mufti des Frères Musulmans, avait appelé, par ses fatwas diaboliques, aux attentats suicides et  pendant la révolution syrienne, à l’assassinat « des leaders religieux, penseurs, soldats qui ne soutiennent pas l’opposition en Syrie ».

L’attentat dans la Mosquée al Iman, n’ayant pas été revendiquée explicitement, la fatwa d’Al Qardawi et les takfirs de ses partisans contre les positions politiques qu’avaient prises notre défunt Dr Al Bouti, sont des aveux en leur défaveur. Lui et d’autres prédicateurs de renom, en étaient arrivés à faire boycotter les oeuvres d’Al Bouti (plus d’une trentaines) faisant l’amalgame entre travail scientifique sérieux et idées politiques contraires aux idéologies assassines. C’est une honte que ces « savants » représentent les Musulmans. Ce ne sont pas des sages, mais des muftis aux services des monarchies du Golf et du capitalisme occidentale.
Abdel Rahman as Soudeiss

Ainsi, comme si le dramatique attentat contre al Bouti, son petit-fils et 45 Musulmans tués, ne suffisent pas pour se couvrir de honte, les débordements de joie de l’Imam de la Grande Mosquée sacré « al Haram » de la Mecque s’ajoute au film d’horreur. Abdul Rahman As-Sudais donnent envie de vomir ! As-Sudais, réputé et élu « personnalité islamique de l’année » en 2005, par Dubaï, « en reconnaissance de son dévouement pour le Coran et l’islam » (sic!) a récemment dit publiquement devant des millions de fidèles venus du monde entier, à propos du défunt érudit, Al Bouti  :

« il était l’un des dirigeants de l’hérésie et de la perdition, il était au service de l’Etat nassirien (alaouite) athée, il était l’un des plus grands cheikhs à avoir soutenu Bachar et à exhorter l’armée nassirienne à exterminer les Musulmans,…., il était un partisan et un activiste dans la voie de Satan, il était associé à la mort de milliers de musulmans » (écrit sur son site Facebook).

Abdul Rahman As-Sudais a appelé donc le monde musulman à se réjouir de l’assassinat d’un des plus grands savants du patrimoine islamique et de ne surtout pas cacher sa joie. Par cette « joie » il reconnaît officiellement que les attentats suicides sont préconisés contre les Musulmans refusant de prendre parti pour ces djihadistes.

Pourtant, cet intégriste, est notoirement connu pour avoir un triple discours, un discours interreligieux pour les Occidentaux et un pour les Arabes, plus particulièrement pour les Saoudiens. Alors que les forces de sécurité de l’Arabie Saoudite était en train de réprimer violemment leurs rebelles islamistes, juste après les attentats de Riad, le 13 mai 2003 et que la chasse aux islamistes avait fait 128 interpellés, As-Soudai était contre toute forme de terrorisme. Selon le média arabe, Al Jazeera, dans l’article daté du 11 juillet, Al-Sudais avait fait un sermon remarquable, il appelait à des efforts et à des moyens pour lutter contre le terrorisme et avait condamné les attentats suicides. En appelant les parents à l’urgence de protéger leurs enfants de la « déviation intellectuelle », ajoutant qu’une minorité de jeunes « s’étaient engagés dans l’extrémisme, la violence et le terrorisme ». Un fléau qu’il compare à un « poison » dans les sociétés. Il alertait sur la criminalité croissante avec le « booby-trapping » (pièges égales à une grenade) que peut renfermer les livres saints (Coran) et contre l’utilisation des Mosquées pour des activités armées. Conseillant également les jeunes de s’instruire des lois islamiques qui montrent aussi bien « l’interdiction de se donner la mort ou d’attaquer les non-Musulmans vivant dans les pays musulmans ».

Quel hypocrite ! Comment peut-on dire tout et son contraire ?

Il est bon de rappeler ses autres discours. Cet idiot utile de la pensée sectaire des Wahhabo-salafistes, est black-listé par l’Anti-Defamation League pour avoir appelé à la malédiction des Juifs et a qualifié ces derniers de « racailles de la terre » dans ses sermons. As-Soudais est considéré par cette ligue anti-raciste comme un pur exemple de théologiens musulmans antisémites. Le conseiller en politique étrangère du prince héritier saoudien, Adel al-Jubeir, a confirmé les déclarations d’Al-Sudais, lors son l’interview avec NBC’s ‘Meet the Press’ . Reconnaissant que ces propos étaient « manifestement incorrectes », qu’il avait été « réprimandé » pour cela mais « a toujours le droit de prêcher. »(re-sic!).

De nombreux journaux américains et canadiens avaient relaté qu’as-Soudais avait déclaré, dans son sermon en avril 2002, des propos haineux envers les Chrétiens, les Hindous et surtout contre les Juifs qu’il a qualifiés « de lie de l’humanité, les rats du monde, des assassins de prophètes et des petits-fils de singes et de porcs. ». Son sermon fut évidemment dit en territoire conquis, comme chez lui en Arabie-Saoudite. Tandis que les sermons faits dans le Lancashire, en Angleterre, un an après, étaient des prêches de la coexistence pacifique avec les autres pays et le respect de la loi. Il avait prêché la paix devant 8000 fidèles dans une Mosquée et devant 4000 autres, dans une autre. De nombreux responsables de l’anti-racisme et d’organisations de l’anti-terrorisme s’étaient élevés contre sa venue en Grande Bretagne et au USA, en raison de ses propos haineux et antisémites, qui ont été diffusés à la télévision et à la radio arabe. Rita Katz, spécialiste du terrorisme et co-fondatrice de l’institut Anti-terrorism research center à Washington, avait déclaré de lui :

« un Leader musulman américain ne devrait pas inviter des personnalités comme  Al-Sudais, qui est « intolérant et virulent envers le monde occidental et les autres religions. (…) Il est incroyablement antisémite, et largement médiatisés comme tel ».

Elle avait demandé également pourquoi les dignitaires religieux américains allaient chercher « quelqu’un d’aussi radical », en notant qu’Al-Sudais représente les conservateurs de la secte wahhabite en Arabie.

Alors je pose une grosse interrogation : le sort des Syriens -pour ou contre le régime Al Assad- n’entre-t-il pas dans ses « lois islamiques » qui interdisent les attentats suicides ou de tuer des êtres humains, de surcroît des Musulmans civils ou religieux ? Y-a-t-il, ici ou là, pour ces prédicateurs célèbres à triple discours, des fatwas différentes, édictées, selon l’agenda politique des Frères Musulmans, des Qataris, des Saoudiens ou des Occidentaux ?!

PRINTEMPS ARABE OU RÉVOLUTIONS « ISLAMIQUES » + HOMMAGE A SAÏD R. AL BOUTI

Mohamed Mestiri sera mon invité « surprise » dans mon émission Islam et Spiritualités du vendredi 5 avril de 17h à 19h à ne pas rater sur ce lien :  http://edc.radio.free.fr/ (en ligne jusqu’à lundi 17h)
Mise à jour du 06 avril : podcast permanent de l’émission du 05 avril : http://edc.radio.free.fr/edc/radio/emission/emi_show.php?emi=isspi&date=2013-04-05&type=B
Capture plein écran 06042013 144130 EMISSION DU 05 AVRIL MESTIRI logo

Nous traiterons le sujet suivant :
Les révolutions arabes ou révolutions « islamiques » ? Puis en hommage à un grand cheikh, nous aborderons aussi la pensée du regretté Dr Saïd R. Al Bouti, mort dans un attentat suicide, le 21 mars, en Syrie. Cliquez sur la photo pour rejoindre ma page facebook (aimez ma page) et posez vos questions en direct. Nous ne manquerons pas de vous répondre à l’antenne.

Biographie : Dr Mohamed Mestiri est actuellement professeur à l’université Ez-Zitouna, l’université de Tunis la plus ancienne du monde arabo-musulman. Théologien, chercheur tunisien de la pensée islamique et réformateur musulman, Mr Mestiri supervise de nombreuses recherches scientifiques dans le domaine des sciences islamiques. Diplômé de l’Université théologique Ez-Zitouna, docteur en philosophie médiévale de la Sorbonne et ancien directeur de l’Institut International de la pensée islamique (IIIT) à Paris, Mohamed Mestiri est l’un des visages intellectuels des plus innovants en France et dans le monde. Ses réflexions se veulent novatrices dans le domaine de la pensée musulmane. Il est aussi directeur du Centre d’Etude de la Pensée Islamique à Paris et Tunis (CEPI). En tant qu’intellectuel réformateur et théologien, Dr Mestiri suggère par exemple, de revaloriser la théologie par rapport au droit en réhabilitant l’étude des fondements dogmatiques et éthiques de la religion (usûl al-dîn) afin de contrer le fondamentalisme et l’inflation d’avis jurisprudentiels (fatwa). Il est rédacteur en chef du magazine en langue arabe « Roua » et a publié de nombreux articles en langue française, arabe et anglaise.

A vendredi 05 avril à partir de 17h  pour poser toutes vos questions à M. Mestiri en direct (je suis sûre que vous en avez beaucoup !).

Pour nous regarder en direct.N’oubliez pas d’aller cliquer sur ce logo de la Web TV Radio ==>>  Image

Pour continuer le débat sur le forum, allez sur ce lien : http://carton.jeanclaude.free.fr/phpBB3/viewtopic.php?f=49&t=2431&p=9761#p9761

ATTAQUE A LA BOMBE CONTRE LE CHEF DE L’ASL

RIAD ASSAAD BLESSE

Le colonel Riyad Moussa al-Asaad, fondateur et chef militaire de l’Armée Syrienne Libre (ASL) a été victime d’une tentative d’assassinat. Une bombe avait été placée sous le siège de sa voiture alors qu’il était dans une zone contrôlée par les rebelles, dans la ville d’al-Mayadin, dans le sud de Deir ez-Zor à l’est de la Syrie.

C’est visiblement une tentative d’assassinat, a déclaré une source de l’opposition, le 25 mars. Ryad Moussa a été transféré à l’hôpital, dans une province au sud de Şanlıurfa, en Turquie. Ses jours ne sont pas en danger. Il demeurait généralement en Turquie dans un camp militaire, avec sa famille. Sa présence en Syrie pose de grosses interrogations. En effet, Alain Chouet, ancien cadre supérieur des services secrets français (DGSE) et ancien chef de poste de cette institution à Damas, avait déclaré, dans Le Point :

« le colonel Ryad al-Assaad, se trouve pratiquement assigné à résidence avec l’interdiction de se rendre sur le territoire syrien ».

Le colonnel Ryad Moussa al Asaad avait créé l’Armée Syrienne Libre, officiellement, le 29 juillet 2011. L’ASL est la principale force armée opposée au régime de Bachar Al-Asaad. L’opposition syrienne a publié une vidéo de lui, juste après l’attentat à la bombe. Puis, une photo montrant le colonel dans un piteux état, presque nu, vêtu d’une culotte médicale, la jambe amputée. Al Asaad est allongé de face dans un lit d’hôpital, probablement en Turquie. J’ai choisi de ne pas la publier, par décence pour l’homme. L’opposition avait retiré la photo postée sur leur page Facebook, demandant aux insurgés de faire de même. Trop tard, les pro-Bachar se sont empressés de la publier, renforçant leur position dans ce conflit qui opposent l’ASL et les loyalistes. Il y a un voyeurisme malsain  dans les mises en scène de la révolution syrienne des victimes, par les opposants. On le voit bien dans cette vidéo qui dévoile un colonel militaire, très mal en point. Il semble totalement assommé, souffrant, on l’entend dire « je veux mourir, je veux mourir, je veux mourir.. ». Il apparaît peu conscient des photos prises et du film qui est sur le point de se réaliser autour de lui, par ses camarades de rébellion :

                                                                                               

L’ASL est la principale force armée, opposée au régime de Bachar el-Assad. Elle constitue surtout des Forces armées syriennes qui ont fait défection et se sont exilées en Turquie. Al Asaad est ancien colonel de l’Armée de l’air syrienne, il avait déclaré dans un communiqué officiel en 2011 :

« A partir de maintenant, les forces de sécurité qui tuent des civils et des villes assiégés seront traités comme des cibles légitimes. Nous les viserons à toutes les parties des territoires syriens, sans exception« .

En septembre 2011, l’Armée syrienne libre (ASL) fusionne avec le Mouvement des officiers libres, les propulsant en principale force d’opposition. Le 22 novembre 2011, Ryad s’opposait à l’intervention en Syrie par ses propos : « Nous ne sommes pas en faveur d’une intervention des troupes étrangères comme cela s’est produit en Irak mais nous voulons que la communauté internationale nous fournisse une aide logistique« . Néanmoins, L’ASL est controversé quant à ses violences contre les civils, accusée de comploter avec les forces étrangères. Georges Malbrunot prétend que « le service de renseignements turc contrôle ses mouvements tandis qu’un agent du ministère des Affaires étrangères répond aux demandes d’entretien que les journalistes souhaitent réaliser avec le chef de l’ASL ».

Les violences en Syrie perpétrées par l’ASL, al Nosra et les autres groupes de la révolution contre les civiles et les attentats contre les infrastructures tels que les hôpitaux ou des lieux de culte, sont de plus en plus visibles. Cela dépasse de loin, la révolution du peuple syrien. Des pays étrangers s’ingèrent dans la révolution en envoyant des mercenaires djihadistes, formant et armant les rebelles hors de Syrie. Ces faits sont relatés par plusieurs sources médiatiques depuis 2011. Mais très officiellement à partir de Juin 2012, les rebelles de l’ASL recevait des armes depuis la Turquie, par l’Arabie Saoudite et le Qatar. Le New York Times, et le Wall Street Journal ont rapporté que les agents de la CIA étaient sur le terrain dans le sud de la Turquie, à diriger de là les combattants de l’opposition syrienne. En octobre 2012, Ryad intègre avec d’autres dirigeants de l’ASL une direction unique chargée de diriger la lutte armée contre le régime en place.

Alors que la coalition du Conseil National Syrien est en pleine crise et attend de la communauté internationale, la décision finale pour la livraison d’armes aux rebelles, une série de défection a suivi l’élection du premier Ministre Ghassan HITTO. S’en est aussi suivi, la démission du président de la coalition du Conseil National Syrien, Ahmed Moaz-al-Khatib « désavouant le « Premier ministre » rebelle, illustrant publiquement la difficulté des opposants à unir les rangs face au régime de Bachar al-Assad ».

Le 23 mars, à 22h50, l’annonce d’une attaque contre Bachar al Assad, par une personne de son entourage, dénommé « Jacoby » s’est propagée comme l’éclaire, dimanche 24, au matin. Non, le président syrien n’est pas mort !  La rumeur ne fut démentie officiellement, qu’en fin d’après-midi, dimanche. Mais nombreux médias français et israéliens avaient publié l’annonce de sa « très probable » mort, malgré les sources plus que douteuses, car totalement fausses. C’est un nouveau coup dur pour les opposants de Bachar al Assad qui s’étaient réjouis et espéraient ardemment sa disparition.

12 DEFECTIONS DANS LA COALITION DU CNS

Au moins 12 personnalités de la Coalition nationale syrienne ont annoncé mercredi avoir suspendu leur participation à cette plateforme des principaux groupes d’opposition au régime de Damas, un jour après l’élection d’un premier ministre intérimaire pour les territoires aux mains de la rébellion.

Parmi elles figurent le porte-parole de la Coalition, Walid al-Bounni, et sa vice-présidente, Suheir Atassi. Leur geste intervient alors que l’élection de Ghassan Hitto dans la nuit de lundi à mardi, lors d’une réunion à Istanbul, a suscité des désaccords.

Des membres influents de la Coalition, comme Kamal Labwani (voir mon article sur l’élection de Hitto) Marwan Hajj Rifai, Yehia al-Kurdi et Ahmad al-Assi Jarba, ont également déclaré avoir “gelé” leur participation, plusieurs sources indiquant que d’autres annonces sont attendues.

Les protestataires ont affirmé que leur acte était motivé par plusieurs raisons, mais certains ont affiché leur désapprobation quant au choix de M.Hitto comme premier ministre et à la procédure suivie pour le désigner…

“La Coalition est un corps qui n’a pas été élu, et de ce fait n’a pas le droit de choisir un premier ministre sur la base d’un vote majoritaire. Il aurait dû y avoir un consensus”, a déclaré M. Labwani, cité par l’AFP. M. Hitto a été élu avec 35 voix sur 49 exprimées lors du vote, auquel plusieurs membres de la Coalition ont refusé de participer.