DROIT DE REPONSE AUX REACTIONS DES INTERNAUTES SUR MA VISION DE L’ISLAM

Des centaines de commentaires suite à mon intervention chez MetaTV. Je ne m’attendais pas du tout à ces nombreuses  réactions dont certaines sont davantage à imputer aux trolls qu’à des êtres doués de raison. Certaines cricapture metaTV Islamtiques sont légitimes et je tiens à répondre sur mon blog à celles-ci, si elles sont constructives mais je ne perdrai pas mon temps à répondre aux écervelés ni aux « sectaires-de-la-science-infuse ». Ces derniers n’ont aucun argument ni sur le fond, ni sur la forme de mes interventions. On voit bien qu’ils sont là pour scruter la moindre parole pour discréditer en entier les vidéos. En réalité, ils n’arriveront pas à déconstruire l’analyse des questions liées à des concepts islamiques ou aux hommes qui ont fait l’Histoire de la civilisation arabo-islamique des premiers temps de l’islam. Ceux qui m’insultent ad hominem ont été coupables de calomnie sur ma personne, mon honneur et ma piété. Ceux-là ne sont pas musulmans car les Musulmans connaissent les  fondamentaux de l’islam quant aux grands pêchés qui font sortir de l’islam et qui les jetteraient illico en enfer.

La diffamation c’est d’accuser quelqu’un(e), femme ou homme, de quelque chose qui touche sa dignité, son honneur ou sa piété. La simple accusation est une diffamation qui a le statut de harâm/ interdit absolu, par le Coran, la sunna et le consensus de la communauté musulmane. Et l’implication directe de ce péché c’est d’être puni immédiatement, d’être déchu de son droit de témoin, avoir le statut de pervers / fâsiq, de recevoir la malédiction dans la vie et après la mort et enfin d’être châtié d’un châtiment terrible. Cela est mentionné dans les versets suivants :

Allah dit dans la sourate la lumière versets 4 et 23 : « Ceux qui accusent les femmes honnêtes sans pouvoir produire quatre témoins, punissez-les de quatre-vingts coups de fouets et n’acceptez plus jamais leur témoignage : ceux-là sont des pervers.»

« Ceux qui calomnient des femmes honnêtes, chastes et croyantes seront maudits en ce monde et dans l’Autre ; un châtiment terrible les attend.»

Le cas de ces personnes devient plus grave encore lorsqu’ils propagent leur diffamation parmi les croyants pour porter atteinte aux innocents. A ce moment là, ils rajoutent à leur péché initial, celui de le propager ; Dieu dit à ce sujet : « Ceux qui aiment que la turpitude se propage parmi les croyants subiront un châtiment douloureux en ce monde et dans la vie future. Dieu sait, et vous, vous ne savez pas !» (La Lumière 19)

Ce genre de personnes, Dieu leur a consacré toute une sourate pour les avertir et les menacer : « Malheur à tout calomniateur sarcastique… » donc là il y a une menace explicite de la part de Dieu et cette menace terrestre sera exécutée dans le jugement dernier, lisez : « ..Mais non !… Il sera précipité dans la Hutama… » qui n’est autre chose que : « …. le Feu de Dieu jamais éteint, qui pénètre dans les entrailles, jusqu’à les enfermer dans d’immenses colonnes.» (Le Diffamateur)

Voila ce qui attend les calomniateurs qui, pas seulement inventent des histoires mais les propagent également.

Le Prophète a dit : « certaines personnes prononcent des mots qui les font chuter en enfer…» (Sunan) et à Mu‘âd il a dit : « mais qu’est-ce qui ramène les gens en enfer autre que la semence de leur langue…» (Ahmad et Tirmidî), et à tous les musulmans il a conseillé : « Celui qui croit en Dieu et au jour dernier qu’il ne dise que du bien ou qu’il se taise…» (Bukhârî et Muslim d’après Abû Hurayra) et Dieu avertit : « l’homme ne profère aucune parole sans que se tienne auprès de lui un observateur prêt à inscrire.» (Coran qaf 18)

Comment doit-on se comporter face à ses personnes :
Les psychologues disent que ces genres de personnes sont atteintes psychiquement, car soit, elles sont frustrées et ne réussissent pas leur vie, soit elles sont haineuses et veulent détruire, tel un pyromane qui met le feu partout.

Dieu nous ordonne de négliger ces personnes et de ne leur accorder aucune attention, Il dit : « Et n’obéis pas au vil prêteur de serments, au diffamateur qui répand la calomnie, à celui qui interdit le bien, au transgresseur, pécheur invétéré…» (La Plume 10-11) et le Prophète (sws) nous met en garde : « aucun diffamateur n’entrera au paradis…» (Abû Dâwûd et Tirmidî) le Prophète indique la tombe de deux personnes qui subissent un châtiment douloureux et dit : « ils se font châtiés…l’un d’eux était un propagateur de calomnie…» (Bukhârî et Muslim).

Ce que disent les savants :
L’imam Ghazâly
dit :  » le calomniateur aura deux langues le jour dernier ; une qui témoigne contre lui, qu’il a écouté attentivement le diffamateur, et l’autre témoigne qu’il a propagé la diffamation. Est calomniateur toute personne qui révèle un mal pour ou contre une personne. Est calomniateur, celui qui propage la calomnie par la parole, l’écriture, le geste ou l’allusion. Tout ce qu’on n’aime pas révéler, si on le révèle est une calomnie, vrai ou faux. La calomnie c’est de révéler les défauts de quelqu’un ou d’inventer. L’islam interdit de révéler les défauts des gens, même si c’est vrai, sauf dans le cas ou on combat un criminel. Ghazâly continue : quand on nous ramène une histoire sur quelqu’un, il faut adopter l’un des comportements suivants :

  • qu’on ne le croit pas du fait que le Coran témoigne que celui qui transmet une calomnie est un pervers / fâsiq (les appartements v19)
  • qu’on le conseille d’arrêter de propager le mal parmi les croyants.
  • Qu’on le déteste comme Dieu le déteste, ceci est obligatoire.
  • Qu’on n’accuse pas la personne diffamée, car Dieu dit : « O vous les croyants ! Évitez de trop douter (sur autrui) car une partie des doutes sont péché. Et n’espionnez pas ; et ne médisez pas les uns des autres. L’un de vous aimerait-il manger la chair de son frère mort ? (Non !) vous en aurez horreur. Et craignez Dieu. Car Dieu est Grand Accueillant au repentir, Très Miséricordieux.» (les appartements 12) donc, il suffit de douter de son frère pour être assimilé à un mangeur de chaire humaine, ce sera pire si on diffame contre lui.
  • Qu’on n’espionne pas suite à une calomnie contre quelqu’un car Dieu a dit : « n’espionnez pas…» verset ci-dessus.
  • Qu’on ne raconte pas l’information qu’on a reçue pour ne pas tomber dans la calomnie Dieu dit : « ne médisez pas…». Ghazâly dit : un homme a informé le Calife Omar Ibn Abd Al-Azîz sur quelqu’un. Omar lui a dit : sache que si tu es déjà un pervers en vertu du verset : « si un pervers vous vient avec une information, examinez-la…» et si on trouve que tu mens tu es concerné par ce verset : «…grand diffamateur, grand colporteur de médisance…» (la plume 11). Mais si tu vaux mieux que cela, ne colporte jamais et on te pardonne. L’informateur répond : pardonne-moi ô commandeur des croyants, je ne colporte plus jamais.
    Les maitres spirituels disent : « la diffamation du diffamateur est plus grave que les actes de Satan, car Satan se cache en commettant le mal et lui il persiste dans la diffamation». Le comble de tout cela c’est que plus on calomnie quelqu’un plus il prendra de nos hassanat/ récompenses, jusqu’à épuisement total. Ensuite on sera mis au châtiment, comme dit le Prophète (sws). Et le Coran affirme : « quand vous colportiez la nouvelle avec vos langues et disiez de vos bouches ce dont vous n’aviez aucun savoir; et vous le comptiez comme insignifiant alors qu’auprès d’Allah cela est énorme.» (Lumière 15). Louange à Dieu et que la prière soit sur ses messagers.


    Ceci dit, je peux maintenant répondre à mon questionneur, François, qui m’écrit gentiment sur mon blog :
    « On vous présente sur Méta TV comme islamologue. Je souhaiterai simplement vous poser 2 questions :
    Dans quelle université ou auprès de quel savant avez vous étudier ?
    Etes vous arabophone (je parle ici d’arabe littéraire et non pas du dialectale marocain) ? Bref pensez vous être en mesure de parler d’Islam au grand public?
    Je tiens à vous dire que j’ai beaucoup apprécier les émissions dans lesquelles vous avez reçu Oméro Marongiu et Eric Geoffroy.
    Je ne doute pas de vos intentions, bien au contraire, mais n’êtes vous pas en train de desservir votre cause en prenant la parole sur des sujets que vous ne maitrisez pas forcement.(pour ce qui est du voile, votre analyse me parait être un copier coller un peu hésitant des idées de Tareq Oubrou et Oméro Marongiu, deux personnes que j’apprécie particulièrement).
    En Fait une troisième question me vient à l’esprit :
    Pensez vous avoir le bagage nécessaire pour défendre vos idées devant un savant ou un théologien qui serait en désaccord avec ces positions?

Qu’Allah vous benisse »

Ma réponse :
Bonjour François

Pour commencer, je vous remercie pour votre commentaire et pour votre intérêt pour mes deux émissions « Islam & Spiritualités » que vous avez regardées et appréciées et pour la critique de mon intervention chez MetaTV. C’est l’occasion de répondre aussi pour les internautes qui s’interrogent comme vous et pour mes détracteurs. Ce qui suit est un droit de réponse. Je vais donc vous répondre au mieux à vos questions pour dissiper vos doutes. J’ai lu que vous me questionnez sur cinq points et non pas trois :

  1. Dans quelle université ou auprès de quel savant avez vous étudier ?
  2. Etes vous arabophone (je parle ici d’arabe littéraire et non pas du dialectale marocain) ?
  3. Bref pensez vous être en mesure de parler d’Islam au grand public?
  4. mais n’êtes vous pas en train de desservir votre cause en prenant la parole sur des sujets que vous ne maitrisez pas forcement (NDLR : j’imagine que c’est à propos du voile)
  5. Pensez vous avoir le bagage nécessaire pour défendre vos idées devant un savant ou un théologien qui serait en désaccord avec ces positions?

1) J’ai entrepris ma recherche sur l’islam depuis mon adolescence. Je n’ignore pas qu’il faut plus d’une vie pour étudier l’Islam (je parle de la civilisation historique, la religion, les cultures et les communautés musulmanes), je chemine donc depuis plus de 30 ans et il m’arrive à force d’étude et d’expérience de déconstruire certaines certitudes ! J’ai sanctionné mes connaissances à l’Institut International de la Pensée Islamique (l’IIIT France) où j’ai étudié jusqu’en deuxième année de Master, non achevé hélas, l’institut étant fermé avant la fin du 1er semestre! Cela ne m’a certes, pas empêchée de poursuivre mes recherches. Leur site internet se représentait ainsi :

« L’Institut International de la Pensée Islamique (IIIT) est une institution de recherche, indépendante, de type académique et culturel, spécialisée dans les questions relevant de la pensée islamique contemporaine. L’Institut a été fondé aux Etats Unis d’Amérique en 1981, après une décennie de travail en réseau interdisciplinaire, qui avait rassemblé des penseurs et chercheurs de cultures musulmanes au sein de l’AMSS (Association of Muslim Social Scientists).L’IIIT possède des représentations et des bureaux dans plusieurs capitales à travers le monde, et ce dans le but de mettre en oeuvre ses activités et ses programmes. L’IIIT France a ouvert ses locaux parisiens en 2000. Il a commencé à tisser des liens privilégiés avec les différentes strates du monde universitaire, de la société civile, et de l’islam de France »

http://www.saphirnews.com/agenda/Licence-d-etudes-islamiques-interdisciplinaires_ae30632.html

Parallèlement je suis diplômée en journalisme (IPJ) donc le titre d’islamologue, je ne l’ai pas volé, je vous rassure !

J’ai aussi complété l’Ijaza (Licence en sciences Islamiques Interdisciplinaires) d’un diplôme en Sociologie de l’Islam aux USA, à Washington. Ainsi indiqué sur le site d’IIIT Fairfax Institute USA « completed an intensive certificate program on History and Sociology of Islam in America at The Fairfax Institute at IIIT » : http://www.iiit.org/NewsEvents/News/tabid/62/ArticleType/ArticleView/ArticleID/129/PageID/121/Default.aspx

Quelques sources pour aiguiser votre curiosité, et si vous ne connaissez pas l’institut réputé à travers le monde, voici un lien trouvé sur le site-siège aux Etats-Unis à Washington : http://www.iiit.org/NewsEvents/News/tabid/62/articleType/ArticleView/articleId/75/IIIT-France-Center-of-Scholarly-Meetings.aspx
(sur la photo en haut à droite, je figure 9ème en partant de la gauche)

Les savants, de qui j’ai pris ma science, sont très éclectiques, c’était justement la visée recherchée pour l’enseignement des sciences islamiques interdisciplinaires dispensé à IIIT France :
Mes professeurs dont de nombreux savants en sciences islamiques sont : le Professeur Eric Geoffroy surtout pour le sufisme, la civilisation arabo-musulmane et les courants de pensée en islam entre autres ; Dr. Tahar Mahdi en Fiqh, science des Hadith, science du Coran qui sont l’exégèse, l’herméneutique, la Sira/biographie du Prophète (sws) ; Dr Mestiri en ‘Aqida/Dogme et Ethique islamique, courants de pensée en Islam, philosophie Islamique et aussi Mahbouba Merchaoui pour les mêmes matières (oui j’ai aussi apprécié d’apprendre la science d’une femme !). J’ai eu l’honneur durant plus de quatre ans et surtout la chance suivre un autre son de cloche très différent de ce qu’on apprend ailleurs et Ô combien riche, grâce à notre regretté et grand spécialiste des langues sémitiques, l’historien Mahmoud Azab (RahimouAllah), décédé le 29 juin 2014. Il avait terminé sa carrière auprès du grand Mufti d’Al Azhar (Egypte) en tant que conseiller pour le Dialogue entre les peuples. Je pense souvent à lui et à notre grand philosophe et amoureux de la Liberté, Dr Redha Chaïbi (RahimouAllah) qui nous a enseigné « Aux sources philosophiques de la pensée Occidentale » et la civilisation arabo-musulmane, aussi décédé le 21 oct. 2010. J’avais d’ailleurs dédié un hommage, publié deux fois et à lire ici en pdf ou en version numérique, si vous le voulez bien ici : http://www.lescahiersdelislam.fr/Hommage-au-professeur-Ridha-Chaibi-m-2010_a495.html

Nous avons appris aussi de Ghaleb Bencheikh, du regretté Mohamed Arkoun (RahimouAllah) pour l’histoire et les courants de pensée en Islam, Tareq Oubrou pour la spiritualité, (séminaires), pour la socio-politique du monde arabo-musulman : Elyamine Soum et la sociologie Elyamine Settoum… Et pour les non-musulmans, nous avons suivi les séminaires de Franck Frégosi, Raphaël Logier, Bernard Reber du CNRS : http://cerses.shs.univ-paris5.fr/spip.php?article113
Je ne peux pas énumérer ici, tous les professeurs qui se sont dévoués pour nous former à la pensée islamique et au monde contemporain, ils sont nombreux et nous leur seront toujours aussi reconnaissants.

2) Pour la langue arabe, j’ai évidemment sanctionné, durant le même cursus, un peu plus de quatre années la langue et littérature arabo-musulmane, accentuée sur l’arabe coranique puisque c’est au travers du Noble Coran que l’enseignement se dispensait et sur la poésie arabe. Je suis donc arabisante, c’est-à-dire que je peux lire dans le Texte pour mes études. Sachez François, qu’il n’est pas obligatoire maîtriser l’arabe et d’être né arabophone ou Musulman pour comprendre les Textes scripturaires de l’Islam, tant que le scientifique s’accommode de plusieurs traductions (français/anglais/allemand) pour se référer aux Textes arabes ; tant qu’il garde une distance nécessaire pour être objectif dans sa recherche pour la vérité.

3) Etre en mesure de parler au grand public ? Je pense que c’est une obligation pour tout(e) Musulman(e) de transmettre le savoir qu’il a reçu et faire part de son Ijtihad et de sa critique. Si un savoir est caché, on devient Kufâr, selon la définition de Jacques Berques (Kufâr venant de la racine « K F R » et du verbe « kafara » signifiant « occulter », « cacher », « couvrir » la vérité de façon volontaire ou dé-négateur, celui qui se refuse à reconnaître la Vérité)

4) Desservir ma cause en parlant de sujet que je ne maîtriserais pas forcément ? J’ai répondu durant trois heures et demi sur des thèmes aussi divers qui demanderaient justement d’être développés un par un durant une seule émission. J’ai parlé pour un grand public, je ne voulais pas les inonder de versets de Coran avec leur références, ni détailler chaque article de foi ou de fiqh, encore moins leur parler l’arabe qu’ils ne connaissent pas. Cela n’aurait pas intéressé les non-Musulmans. Concernant les Musulmans, je sais que beaucoup ne donnent de l’importance à l’apparence du savoir (réciter des versets du Coran à tout va) et à l’apparence du (de la) Musulman(e) (femme voilée ou homme à barbe). Mais ne s’attarde jamais sur l’étude des terminologies, la philologie, ou sur l’histoire académique, ni sur les circonstances de révélation (asbab al nuzul). Les Musulmans, dans l’écrasante majorité n’étudient pas les autres corpus (Torah et Évangile) ni les écrits de leurs théologiens (chrétiens et juifs) qui, pourtant font partie du même Livre, c’est pourtant primordiale pour saisir la Révélation et reconnaître qu’avec les gens du Livre nous sommes interdépendants pour la compréhension de la Parole de Dieu.
Dans l’Evangile, Jésus, le Messie (paix sur lui) nous dit : « Gardez-vous des faux prophètes (j’entends ici les gens qui viennent à moi avec des sermons et des leçons de morale). Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs.

16 Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons?

17 Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits.

18 Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits.

19 Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits est coupé et jeté au feu.

20 C’est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. »

Ce passage ci-dessus n’est pas en contradiction avec la Parole coranique, il va même la compléter avec harmonie. Quel dommage que la plupart des gens n’en sont pas conscients !

Il est évident pour moi que les œuvres des Hommes ont dépassé largement le cadre du Coran et de la Sunna du Prophète (sws). Passer sa vie à apprendre « par cœur » les versets coraniques et les Hadith prennent beaucoup de temps et fait l’impasse sur la compréhension du texte coranique et du modèle du Prophète (sws).

Al Farabi dit que la compréhension du Coran doit passer avant le « par cœur » du Coran car il vise à : « graver le sens de ces expressions dans l’âme de l’auditeur […] Mieux vaut comprendre car la mémorisation s’applique davantage aux mots et expressions, c’est-à-dire aux détails […] ce qui est infini ou presque et n’a guère d’utilité ni pour les individus ni pour les catégories […] Quant à la compréhension, elle se préoccupe du sens, des universaux, des lois — choses limitées, finies et qui sont les mêmes pour tous. Celui qui s’engage dans cette voie y trouve profit. De même, dans les activités qui lui sont spécifiques comme l’analogie, l’organisation, la politique et la prévision des conséquences, si l’être humain devait n’apprendre que les détails, il ne serait pas à l’abri de l’erreur […] En revanche, celui qui s’appuie sur les principes et les concepts généraux et à qui on expose quelque chose peut se référer à ce qu’il a compris des principes et comparer ceci à cela. Il est donc clair que la compréhension est préférable à la mémorisation. »

Enfin dans votre dernière analyse quand vous dîtes : « n’êtes vous pas en train de desservir votre cause en prenant la parole sur des sujets que vous ne maîtrisez pas forcement (pour ce qui est du voile, votre analyse me parait être un copier coller un peu hésitant des idées de Tareq Oubrou et Oméro Marongiu…) »

Comment pouvez-vous me dire cela ? Je travaille le concept du voile dans les Usuls, les Hadith, les chroniques et l’histoire y compris pour l’angle politique contemporain, depuis 1995 ! J’ai soutenu mon mémoire devant des sommités de la pensée islamique, justement sur un sujet qui aurait pu desservir ma note : « Le voile « islamique » : Critique historico-juridique de la Tradition, de l’Exégèse au Maqasid al Shari’a ». Pourtant, j’avais bien fait ! Bien au contraire de mes craintes, mon travail a été salué par tous y compris par le plus de rigueur sur le voile, Dr Tahar Mahdi, Imam et Faqih, membre du Comité de la Fatwa européenne. J’ai eu 18/20. Il suffit de lui demander !

J’ai en effet paru hésitante sur la partie du « voile » dans ma vidéo n°4 pour différentes raisons :
A) je venais de passer 3 h 15, en direct, à répondre aux questions de TEPA avec à peine trois pause de quelques minutes. Il était minuit quinze, j’étais épuisée (ça se voit d’ailleurs, je peine et ma mémoire me faisait défaut) et on me demande de répondre sur le voile en un temps record à propos d’un sujet sensible ! J’ai bien sentie le piège…
B) Mon livre est en contrat d’édition et donc je ne peux pas divulguer toute ma recherche… Je vous laisse le soin d’attendre sa publication, pour lire mes recherches.

Au moment de de l’interview que Mr Oubrou a donné au Monde, il n’avait pas à ce moment là, divulgué sa recherche et d’ailleurs, je n’ai lu ou entendu un développement de ses recherches sur le voile, ailleurs que sur la radio webTV EDC. Il existe, à ma connaissance, que l’émission d’Islam et Spiritualités que j’ai produite et réalisée, dans laquelle justement, j’ai pu le questionner à ce sujet. Vous ne devez pas avoir regardé mon interview avec Tareq Oubrou ?! La voici et ouvrez bien vos oreilles. Il était difficile avec Mr Oubrou, que je respecte beaucoup, d’en placer une et de développer mon raisonnement. Mais je salue son courage d’évoquer ce sujet tabou, tellement tabou que si quelqu’un ose le faire, il est vite catalogué « en dehors du consensus » ou « d’ignorant » alors que justement, le voile est un sujet de divergence depuis plus de 14 siècles.

Il était donc justement question du voile avec Monsieur Oubrou mais il ne voulait pas que l’on s’éternise là-dessus :

Et je le comprends !  C’est de suite l’anathème par une horde d’excités s’empressant de nous critiquer méchamment sans même tenter de poser publiquement la question ou d’en débattre sereinement. Ce n’est pas dignes des Musulmans des premiers siècles qui étaient eux très ouverts à l’éthique du désaccord. Beaucoup se sont défoulés sur mes vidéos de MetaTV. Je les remercie, pour les hassanat et la pub qu’ils me font, puisque c’est à vocation d’être vue par le grand monde…

6) Je conclue, enfin, avec votre cinquième question : « Pensez vous avoir le bagage nécessaire pour défendre vos idées devant un savant ou un théologien qui serait en désaccord avec ces positions ? » :
Je vous laisse le soin de deviner après tout, j’ai déjà répondu plus haut. Je peux seulement vous dire que je ne suis pas assez sotte pour ignorer ce qui m’attend quand je défends mes idées. J’ai juste l’assurance de mon travail et que Seul Dieu est mon juge.

Ais-je répondu comme vous l’attendiez ?

Que Dieu vous bénisse aussi.

Fraternellement,

Marika

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