LES DESSOUS DE L’INVASION SAOUDIENNE AU BAHREÏN

l’Arabie Saoudite est pris en étau par sa plus grande menace, le soulèvement des chiites. Coincé depuis toujours par une majorité de Chiites à l’Est par le Bahrein. Mais il faut compter aussi avec le sultanat d’OMAN au Sud-est dont la majorité est Kharajite (une faction dissidente du chiisme), mais aussi l’Irak, au Nord-est et bien sûr le Yemen, avec 45 % de sa population qui est Chiite. Les révolutionnaires yéménites gagnent d’ailleurs des régions…

Il faut bien le savoir, la raison des forces saoudiennes pour prêter main forte au royaume du Bahreïn vient d’un traité ratifié par Le Conseil de coopération des États arabes du Golfe (CCG). Composé de 6 pays du Golfe : l’Arabie Saoudite, l’impulseur de cette organisation, Oman, le Koweït, Bahreïn, les Émirats Arabes Unis et le Quatar, le CCG a pour but d’assurer la stabilité économique et politique de la région.

Créée lors de la guerre Iran-Irak, SOUS LA PRESSION DES USA, l’organisation a pour objectif de contrer l’expansionnisme iranien (chiisme) et le baathisme irakien :

« Un accord de sécurité intérieure est signé en 1982 entre les États membres suite à une tentative de putsch à Bahreïn en décembre 1981 et au niveau militaire, les forces armées des pays du Conseil de coopération du Golfe organisent depuis 1983 des manœuvres communes baptisées « Bouclier de la Péninsule ». Aux sommets de Koweït (1984) et de Mascate (1985), il est décidé que les unités participant à ces manœuvres forment une « force de déploiement conjointe » dont le quartier général se trouve au nord-est de l’Arabie Saoudite. Son commandant est un général saoudien. Enfin, les ministres de la défense du CCG réactivent le projet de l’Organisation des industries arabes (OIA) dans lequel Égypte était impliquée et construisent plusieurs usines d’armement fabriquant munitions et armes légères ainsi que des blindés légers sous licence brésilienne. »

LES REVOLUTIONS ARABES(*) TENTATIVE D’AVORTEMENT PAR L’INGERENCE OCCIDENTALE ?

Les Arabes de toutes obédiences religieuses et politiques ont de grosses divergences [et elles sont nombreuses ! Entre Musulmans concernant la théologique islamique, mais aussi entre Arabes Chrétiens, Juifs, Sabbeens, Zoroastriens, Athées, etc.] ont-ils encore besoin d’un leader qui leur permettra de les fédérer tous ?

Par évidence, les Arabes sont une grande nation qui va au-là de l’état nation car elle englobe aussi tous les musulmans non arabes(**). Le concept d’État nation qu’ils adopteront après la chute de l’Empire Ottoman (dernier bastion des grands empires du vieux monde, considéré à juste titre comme le successeur de l’Empire Romain, byzantin et arabe) leur paraît de plus en plus aujourd’hui comme un accident historique.

C’est notamment, au regard de l’échelle historique, une nation viable dans le temps car celle- ci peut se soulever et rebriller à nouveau comme renaissant de ses cendres. Les révolutions arabes que nous regardons avec fascination en témoignent.

De plus c’est une langue unique pour l’ensemble des musulmans, qui pèse de son poids considérable dans le classement des langues les plus parlées dans le monde aujourd’hui. Sans oublier la fierté que l’arabe procure à ceux qui la parlent : elle fut « langue de la science » pour l’Orient et l’Asie mais aussi pour l’Occident. Les Occidentaux, avant la renaissance, reconnurent la langue arabe comme langue de la science, ce qui les a propulsés au rang des lumières de la raison.

Enfin la langue arabe, en plus d’avoir été la langue de la philosophie, sa polysémie linguistique à multiples interprétations, la langue de la poésie, de la calligraphie, est une langue antique bien vivante depuis plus de 14 siècles. Elle est aussi la langue de la liturgie islamique. Tout cela s’ajoute au sacrée, pour un milliard et demi de musulmans aujourd’hui.

Ce qui les unis tous par dessus tout ? C’est un ancêtre commun, une histoire commune. Reussiront-ils à se fédérer dans toutes leurs divergences ? Sur la seule base commune la reconnaissance absolue de la dignité d’un peuple ? Peut-être, on l’a déjà vu dans le passé. Si la politique européenne et américaine n’œuvrent plus à saper cet élan unificateur -comme ils se sont habitués par l’ingérence, depuis l’époque de « La sublime porte »- à des fins idéologiques.

Mais le drame actuel qui se passe en Libye sous nos yeux et l’ingérence de l’Arabie Saoudite au Bahreïn(***), les revolutions en Suède,  en Espagne , dans le Wisconsin, au Portugal tout récemment… Le désenchantement de l’Irak, de l’Afghanistan et de la Palestine bien sûr, nous poussent à admettre un constat. Les révolutions arabes jouent un rôle majeur dans les affaires du monde, incontrôlables. Elles sont comme des tsunamis naturels et violents qui balaient notre planète et nous montrent l’incapacité de tous les dirigeants à régler ces crises historiques majeures qui nous concernent tous.

Cette incapacité au consensus dans la Ligue Arabe et l’UMA(****), l’ONU et l’OTAN, face aux meurtres des libyens en directe, nous est insupportable.

Si on ajoute à cela, la menace nucléaire venant du Japon, le temps perdu à nous mentir, le nombres de morts par la faute de l’homme irresponsable, les martyrs en constante augmentation, la crise économique, les futurs révoltes de la faim… Les peuples vont s’exaspérer et espérons-le dans un sens pacifique pour tenter de changer ce monde, devenu sans foi ni loi, insensible !

Espérons aussi que ces révolutions qui s’étendent, au-delà des frontières arabes, se fédéreront sous les mêmes combats. La liberté, la justice sociale, le respect de la nature et de la biodiversité à l’échelle de la planète toute entière…

Poussons-les à s’impliquer dans l’universalisme afin d’œuvrer à l’arrêt immédiat de toute forme de violence en Libye. Empêcher l’ingérence occidentale qui n’a d’autres intérêts que d’exploiter ces régions là. À moins qu’ils donnent des gages de leur bonne foi, de ne pas exploiter la région en instrumentalisant l’autodétermination des peuples. C’est une révolution populaire arabe, ne la leur confisquons pas ! Ce sont  les peuples qui doivent choisir leurs dirigeants y compris dans ses instances institutionnelles que sont aussi ces organisations internationales… La mutation est en marche !

Mais en attendant, silence on tue ! Toutes ces organisations fantôches, ce « machin », comme appelait De Gaulle l’ONU, se sont négociées le sacrifice de milliers de libyens,  au sacrifice  des peuples qui se révoltent. La Ligue Arabe, en échange de ces sacrifices, ses membres peuvent réprimer chez eux en toute impunité. Cet état de fait ne sert qu’à empêcher l’union arabe de ce vent de liberté ! Fantôche aussi la Ligue Arabe avec un Amr Moussa à sa tête qui fut sous Mubarak, ambassadeur et je ne sais quoi encore ! Candidat à la présidentiel de la nouvelle Egypte, l’hypocrisie de son double discours… l’Union Africaine, dont les membres sont achetés à coût de dollars, tous des vendus quoi ! On a rien à attendre d’eux. Pourtant j’avais espoir en la Ligue Arabe et l’UMA (Union du Maghreb Arabe) si leurs membres n’étaient pas des dictateurs…. En attendant, Silence on tue ! Devant nos yeux… impuissants !

(*) tawra : révolution en arabe, lire ma définition ici : https://monalika08.wordpress.com/2011/03/15/definition-de-tawra-revolution-en-arabe/

(**) les Arabes ne composent que 15% du monde musulman.

(***) les dessous de l’invasion saoudienne au Bahreïn :
https://monalika08.wordpress.com/2011/03/17/les-dessous-de-linvasion-saoudienne-au-bahrein/

(****) l’UMA (Union du Maghreb Arabe) se réunira le 28 mars :
http://www.maghrebarabe.org/fr/news.cfm?type=1&id=354

DEFINITION DE TAWRA : REVOLUTION EN ARABE

Le saviez-vous ?
 
TAWRA signifie « révolution » en arabe. Ethymologie : Tara « explosé vers le haut » terme pour révoltes très ancien. Alors que le terme moderne de révolution signifie « tourner autour », celui de Tawra avait a l’époque une connotation pas spécialement violente. Tawra fut employé déjà depuis l’avènement de la dynastie Abbasside (8è s.) plus connu sous l’appellation de « Tawra ‘Abbassid ». Toutes les chroniques nombreuses en témoignent.
 
D’une façon moderne pour désigner la révolution (a la française) le terme Tawra n’a été utilisé pour la première fois qu’en 183O par le Cheich Ta’tawi. Ce dernier rend compte dans ces écrits, des « Trois glorieuses » en disant qu’il a assisté a la sédition (fitna) qui s’est faite en trois jours. Il décrit le procès de Vincennes et tout ce qui s’en suit en employant le terme Tawra.
 
4O ans après on retrouve Tawra comme l’équivalent en français de révolution en 1884 dans le dictionnaire al Boustani.