Réponse à Jean QUATREMER, du 24 mars 2010 sur Angela Merkel

Les agissements spéculatifs des banques ou plutôt « bankster » rendent l’euro plus fragile que les prises de position d’Angela Merkel. Je ne suis pas économiste, mais je crois être capable de voir ce qui ne tourne pas rond dans ce que je lis dans la presse et tout particulièrement à propos du papier de Jean Quatremer.

Ce n’est pas de l’irrationnel que de réfléchir pour trouver des solutions dans l’objectif de se protéger d’une faillite générale de toute l’Europe. Par là même ce n’est pas de « l’irresponsabilité de la part de la chancelière Allemande » que de défendre l’opinion publique allemande. Depuis longtemps le peuple Allemand (habitué à un haut standing de vie) fait des sacrifices (avec la réunification de la RDA et depuis l’euro) en payant les dures réformes que le gouvernement allemand leur impose. Ils sont donc en droit d’imposer des sanctions en cas de dérives des autres pays membres de la zone euro qui « magouillent » avec les Banques et les cabinets d’audit (style Ernest & Young) qui valident les comptes « pourris » des banques pour paraître présentables. C’est eux les vrais responsables de cette crise financière.

Je suis en revanche d’accord que « Le but étant d’afficher la solidarité de l’Europe » histoire que les marchés ne cèdent pas à la panique en refusant à la Grèce les 15 milliards d’euros qu’elle a cruellement besoin d’emprunter dans les semaines à venir, seule possibilité pour refinancer sa dette. Si les marchés cèdent à la peur, la Grèce serait techniquement en cessation de paiement et s’en suivrait pour la zone euro l’hécatombe. Merkel a simplement reflété l’opinion publique allemande qui souhaitait « exclure la Grèce de la zone Euro ». Elle a choisi la position de soutenir la Grèce mais à ses conditions. L’accord sur lequel les 16 membres sont tombés est d’abord « un renforcement qui passera par un mécanisme de sanctions et de contraintes plus dissuasives que celles prévues par le Pacte de stabilité. Par exemple, une suspension des droits de vote au Conseil des ministres ». Cela poussera les Etats européens à ne pas vivre au dessus de leur moyen avec un contrôle plus strict pour les « tricheurs ». C’est la « gouvernance européenne » des puissants sur le plus faible. L’implication du FMI va apporter une expertise pour ce genre de situation et proposera au gouvernement grec des « prêts bonifiés » à 1/3 soit (mais c’est mieux que rien). Il n’y a pas le choix, le FMI prendra le contrôle de la Grèce ainsi que pour les autres qui auront le même sort (cela n’arrangera les affaire de Sarkozy pour 2012, DSK étant son principal adversaire sic).

Dans mon article, je voulais attirer l’attention par l’exemple de la Grèce sur les utilisations des swaps qui ont causé les spéculations en précipitant sa chute et provoqueront celle des autres pays : les « PIGS » en jargon financier : Portugal (dénoté par Fitch à « AA » le 24 mars, pays en faillite et  prochain sur la liste), Ireland, Greece, Spain, sont les quatre « cochons noirs » de l’Europe. Ces quatre pays ont en commun le trop plein de déficits budgétaires, ils se sont jetés dans des dettes extérieures trop lourdes. Leur irresponsabilité risque fortement de mettre en péril toute l’Europe à une mort certaine. Alors oui ! » Nous sommes interdépendants et il faut savoir gérer cela avec le sens des responsabilités », c’est donc justement avec responsabilité qu’Angela Merkel a tenté de gérer cette crise au cœur de l’Europe en pointant la Grèce du doigt et en donnant un exemple pour les autres « tricheurs».

Que reproche-t-on à l’Allemagne ? Que grâce à ses exportations, l’Allemagne a pris le devant de tous les pays ? Et à cause de sa productivité extraordinaire, tous les flux monétaires du commerce international vont vers l’Allemagne et pas vers les autres pays ? On ne peut pas reprocher à un pays d’être bon ! En effet l’Allemagne exporte beaucoup et consomme peu chez eux. Christine Lagarde dans l’interview du Financial Time du 14 mars leur demande d’exporter moins…et de payer plus ! Cela a été un tollé dans la presse allemande. Je me demande pourquoi on attaque si durement l’Allemagne ?

En conclusion, je crois foncièrement qu’Angela Merkel va au-delà du « clientélisme » électoral. La Rhénanie-du-Nord – Westphalie est le Land (dont la Ruhr) le plus peuplé (23%), le poids le plus puissant d’Allemagne (22% du PIB) et se situe même en tête de l’Europe. Elle est donc tiraillée entre rassurer ses électeurs et rester solidaire avec la zone euro. Rien de plus normal en soi ! Pour ne pas me répéter je finirais par dire que les propos de ce Quatremer(*) sont inacceptables !

J’ai honte en tant que française de lire ce type de torchon ! Et je demande à nos amis Allemands de nous excuser pour les critiques injustes lancées contre eux !

(*) lien de l’article de Jean Quatremer :

http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2010/03/angela-merkel-la-dame-de-plomb-.html

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