DIALOGUE INTERRELIGIEUX, UN GUIDE POUR LES MUSULMANS

Présentation du Livre :

 » INTERFAITH DIALOGUE A Guide for Muslims »

Edition anglaise : The Internationnal Institute of Islamic Though (IIIT)

Auteurs : Mohammad Shafiq et Mohammed Abu Nimer                                                                                       

 

1-  Biographies des auteurs :

 

Mohammed Abu-Nimer est un éminent expert du dialogue arabo-juif et de la paix en zone de conflit. Entre autres compétences d’importance, il est Directeur de l’Institut de la Paix et du Développement à l’Université américaine. Il a eu plusieurs prix pour la Paix. Publication : Plusieurs livres dont : Dialogue Interconfessionnel au Moyen-Orient.

Mohammad Shafiq est le Directeur Général du Centre d’Etude pour le dialogue interreligieux au Collège de Nazareth, à Rochester, New York. Il est Imam et participe activement dans plusieurs forums interconfessionnels. Publication : plus de 40 articles et plusieurs livres sur le dialogue interreligieux. « The Growth of Islamic Thought in North America » (amana, 1994).

2-  Présentation de l’oeuvre :

 

Rédigé par Muhammad Shafiq et Mohammed Abu-Nimer, ce livre a vu le jour dans le cadre d’un grand projet impliquant de très importantes Organisations interreligieuses telles qu’ILDC et Salam. Ces derniers ont organisé plusieurs réunions entre les principaux érudits musulmans et les chefs religieux pour aider à élaborer ce Guide. C’est une approche islamique dont l’objectif est une meilleure communication interconfessionnelle. Les auteurs exposent les problèmes éthiques et pratiques prudentes –en accord avec de nombreux versets coraniques- dont la plus importante directive coranique en la matière est « de discuter avec eux de la plus belle façon » (16 :125).  

 

 

A- LA RESURGENCE DU DIALOGUE INTERCONFESSIONNEL : Les musulmans, aux yeux des Occidentaux, portent l’image d’ennemis des autres religions. Les croisades, la Renaissance et les Orientalistes du 19è s. furent préjudiciables aux musulmans. Des mouvements de Libération et l’anticolonialisme se sont crées dans certains pays, surtout en Palestine, après la 2nd Guerre Mondiale. Les films hollywoodiens ont véhiculé une vision contraire à la vraie nature de l’Islam : Moïse et Jésus ont utilisé la lumière de la raison pour sauver les âmes alors que Mohammed a prêché avec l’épée et converti avec force. En sus, le 11 septembre, a provoqué une multitude de questions à propos de son message de paix. Cette date reste une épreuve pour les musulmans. Les arabes ont subit toutes sortes d’humiliations.  

 

B- LES OBJECTIONS DES MUSULMANS AU DIALOGUE : Certains musulmans s’opposent à toute participation par peur de créer une nouvelle religion. Ils sont sûrs que les rituels et prières communs sont une innovation. Pourtant le Coran dit que la beauté de l’humanité c’est la pluralité des communautés, sinon Dieu nous aurait formés d’une seule nation (10:99 et 5:48). D’autres pensent que ce dialogue est un appel à la conversion à l’Islam. Cela est faux. Les autres confessions seraient sur la défensive. Il n’y a pas de polémique dans ce dialogue moderne qui ne cherche nullement à créer une nouvelle religion ou l’abandon des piliers de l’Islam. Les Imams pourraient l’enseigner et ainsi réapprendre l’art de l’écoute, comprendre leurs similitudes et leurs différences à travers des discussions théologiques et philosophiques, évaluer la spiritualité des autres peuples par l’enseignement de leur histoire et travailler ensemble, avec un projet commun en relation avec la justice et l’aide humanitaire…

                                                                                           

C- REPONSE A L’OECUMENISME : HISTOIRE D’UN DIALOGUE : En 1910, a eu lieu la toute 1ère Conférence Mondiale des Missionnaires Chrétiens. Ce fut un échec en raison de leur supériorité envers les autres religions. Après la 2nd Guerre Mondiale, leurs efforts, divisés, restaient désastreux. Les Eglises y remédient en créant le Conseil Mondial des Eglises (WCC). En élaborant des stratégies actives pour travailler humainement avec les non Chrétiens, le WCC organise deux autres Conférences Mondiales, en 1961 et en 1967. Le Pape Jean XXIII, en 1962 met en place Vatican II. Ce qui aura pour finalité l’œcuménisme. Des échanges intra-religieux et interreligieux sur « le Patrimoine spirituel » débutent avec les Juifs et se poursuivent avec les Musulmans qui « croient en Un Dieu Unique et honorent tous les prophètes ». L’Indouisme est perçue, dorénavant, comme une religion à travers laquelle « Hommes et Femmes contemplent le mystère Divin » et le Bouddhisme « qui reconnait ses limites au Monde en mouvement ». L’œcuménisme est une étape majeure. Elle encourage la spiritualité et les vérités morales. Les musulmans pourraient en faire autant en se basant sur sa propre histoire qui n’est pas étrangère à ce type de dialogue. A l’instar de la communauté musulmane de Rochester de New York, ils y participeraient activement, créeraient un pont avec les autres communautés religieuses et protégeraient ainsi tous les musulmans des environs.

 

D- LES ARGUMENTS DES OPPOSANTS : Les opposants utilisent certains versets du Coran pour appuyer leurs arguments alors qu’au contraire le Coran et les Hadith confirment le dialogue entre musulmans et non musulmans. Se servant du verset (2 :120), ils condamnent tout dialogue. Heureusement, une approche scientifique de l’Histoire, révèle le contexte de ce verset : Dieu a demandé aux musulmans qui priaient vers Jérusalem, de prier dorénavant vers la Mecque. C’est dans ce seul cas que Dieu a dit que les Juifs et les Chrétiens en ce temps, ne seraient satisfaits jusqu’à ce que le prophète ne rallie leur croyance. Ce verset ne dit pas de rompre tout lien avec eux, mais les informe qu’une entente absolue est impossible. Par une mauvaise compréhension, les Musulmans accusent ces activités interreligieuses de tenter une expansion de la politique occidentale et d’éradiquer l’Islam. Cette crainte est justifiée du manque de confiance et d’endurance spirituelle. Ces déficiences proviennent d’absence d’opportunités de présenter l’Islam.

 

E- LES ARGUMENTS DES AUTEURS / INVITATION AU DIALOGUE                  

Avec le verset 3:110, le Coran appelle la communauté musulmane à devenir individuellement ou ensemble, « la meilleure communauté ». Beaucoup de Musulmans disent que le dialogue interreligieux est une possibilité que s’amenuise le devenir de « la meilleure communauté ». Ils oublient que le prophète s’est engagé lui-même par l’apport du dialogue. Le respect des « gens du Livre » n’est nullement de les aimer ou d’adorer leur religion dans le sens de devenir un seul avec les autres. Cette méthodologie du dialogue force d’elle-même les Musulmans à réexaminer et à reconfirmer leur propre identité religieuse. D’un coté plus optimiste, les communications avec l’occident et ses sociétés pluralistes peuvent apporter, individuellement, aux non Musulmans, la connaissance et la compréhension de l’Islam.  

 

MANUEL POUR LE DIALOGUE INTRA RELIGIEUX ET INTERRELIGIEUX. Si les différences entre des personnes de même confession où de confessions différentes sont naturelles, Mohammad Shafiq insiste sur le faite qu’il est plus difficile de mettre en place avec succès un dialogue entre les Musulmans de différentes doctrines que de mettre en place un dialogue interreligieux. Les musulmans restent divisés mais ne veulent pas le reconnaître, ce qui rend plus difficile le dialogue intra-religieux pour les leaders. En général, beaucoup d’imams ne sont pas entraînés aux règles et aux codes (adab) pour discuter dans ce type de dialogue. Les autres communautés religieuses ont depuis longtemps acquis l’expérience de l’engagement intra-religieux. Ils ont évolué en pratiquant la technique de ce dialogue et sont donc plus enclin à s’ouvrir et écouter les autres. Les auteurs illustrent plusieurs principes de directives coraniques décrites à la page 23 : des techniques de communications qui pourraient être enseignés en direction des musulmans comme être polis et s’éloigner de la haine, parler avec douceur, ne pas médire sur autrui ni des autres religions, proscrire la colère et être tout pardon, patient, équitable et respecter la dignité humaine.

Pour qu’un dialogue intra-religieux réussisse, les Musulmans ont intérêt à développer ces compétences fondamentales. Si pour les communautés vivant dans l’Ouest, le dialogue interreligieux devient une nécessité, le dialogue intra-religieux l’est encore plus. Elle garantit une meilleure cohérence entre Musulmans et apporte l’Unité surtout en ce qui concerne la solidarité musulmane. Une bonne organisation des Musulmans sera plus respectable et aura plus d’impact, lors des dialogues interreligieux, qu’une communauté désorganisée.

 

Les auteurs demandent aux leaders de ces rencontres d’avoir toujours en tête qu’ils sont, avant tout, les représentants de l’Islam et de son prophète qui enseigne une attitude positive. Leurs comportements doivent être le reflet des ces principes. Il est donc essentiel, pour fonder de bonnes bases, d’avoir une bonne éducation (adab) et de bonnes manières. Pour les aider, il existe un manuel, en dix commandements, du dialogue interreligieux publié par Léonard Swidler (Temple University, Département of Religion) dont les détailles peuvent être lus à la page 25. Le même type de manuel existe aussi du coté musulman, en cinq commandements, écrit par Isma’il R. Al-Faruqi (professeur de M.Shafiq et pionnier de ce type de dialogue).  

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